Jonathan Kelley - Olivier Perronny
1998-1999
La Pointe-du-Hoc était une batterie de défense cotière comprenant un poste
de commande de tir et 6 pièces de 155mm d'origine francaise. De par sa localisation, elle
pouvait menacer les plages de UTAH et d'OMAHA. Le poste d'observation se trouvait à l'
extème pointe tandis que les pièces étaient dans des emplacements circulaires bétonnés
recouverts de filets de camouflage. Plusieurs batiments en béton avec des nids de
mitrailleuses complétaient le paysage. Un bombardement aérien en avril 1944 détruisit
une des pièces mais les plans d'intoxication des alliés rendaient impossible d'autres
raids. La garnison était le 1/Artillerie-Regiment 1260 avec le Flak Abteilung 32 pour
la défense anti-aérienne.
En janvier 1944, le General Bradley demanda aux rangers de neutraliser la
batterie durant le débarquement. Les 2e et 5e bataillons de Ranger seraient
engagés in trois vagues. La première vague sous le commandement du lt-col J.E. Rudder,
inclurait les compagnies D, E et F du 2e Bat.; la compagnie C commandée par le Capt.
R. Goranson débarquerait sur le secteur Dog Green à Omaha Beach avec ordre de détruire
les défenses de la Pointe-de-la-Percee. La troisième vague sous le commandement du
lt-col Schneider du 5e Bat. soutiendrait l'assault de la Pointe-du-Hoc avec les compagnies
A et B du 2 Bat. et le 5e Bataillon de Rangers.
L'assaut initial sur la TPointe-du-Hoc (souvent désignée dans les ouvrages
Anglo-Americain comme la 'Pointe du Hoe') consistait en 12 LCAs, contenant
chacun 20 Rangers. 4 DUKWs accompagnaient cette vague, dont 2 équipés d'
échelles de pompiers (fournies par le London Fire Department) sur lesquelles
étaient installées des mitrailleuses lourdes.
Les effets combinés du mauvais temps et de la surcharge provoquèrent le
naufrage du LCA 860 où se trouvait le commandement de la compagnie D. Le
Capt. Slater, le lt McBride et leurs rangers durent attendre du secours
plusieurs heures dans les eaux froides et agitées de la Manche . A peine
sauvés, le Capt. Slater demanda à être équipé au plus vite pour rejoindre
leurs camarades qui se battaient sur la pointe. Il leur fallut néanmoins
patienter jusq'au 9 juin...
Le bombardement naval préliminaire débuta à 5h50, le 6 jui, par Le USS Texas,
le USS Satterlee et le HMS Talybont. Une vague de 19 B-26s de la 9e Air Force
effectua également un passage sur les positions allemandes.
L'épaisse fumée couvrant la cote avait réduit la visibilité déja très mauvaise.
Cela explique sans doute que les barges furent dirigées par erreur en face de
la Pointe-de-la-Percee, à l'est de la Pointe-du-Hoc. Un emplacement de Flak
prit la flotille sous son tir et coula un DUKW. Un tir de couverture des
cannoniers de la Royal Navy du HMS Talybont permit à la vague d'assaut de
se diriger vers son objectif.
Les Rangers des compagnies E et F débarquèrent avec 40 minutes de retard à
7h10, suivis par la compagnie D. Les barges avaient souffèrent du mauvais temps
ce qui occasiona des disfonctionnements des lances grappins.
5 minutes plus tard, les premiers rangers réussirent à se hisser au sommet
des falaises, sous le feu mortel des allemands tirant, lancant des grenades
ou des obus de 155mm. Une violente mélée au milieu des tranchées et des cratères
commenca. A 7h40, 150 rangers se battaient dans un paysage ravagé. Les emplacements
avaient été pulvérisés ainsi que leurs canons en bois.
A 8h00, La route cotière au sud de la Pointe-du-Hoc était controlée par les
Americains. Le Lt-Col Rudder établit son PC près des falaises à coté du poste médical
du Capt. Block. Le retard du débarquement initial avait conduit le haut-commandement
à détourner la deuxième vague vers Omaha Beach, aussi aucun renfort ne devaient
arriver rapidement.
A 9h00, une patrouille de reconnaissance trouva les 5 pièces qui étaient leur objectif,
sans défense et prètent à l'emploi. Ils les détruire avec des grenades accomplissant
ainsi la mission des rangers. A ce moment la presque totalité de la pointe était
controlée par les rangers à l'exception d'une pièce de flak à l'extrème ouest du
site qui restait un point fort allemand.
Les Rangers se retrouvaient isolés à 8 kms à l'ouest d'Omaha beach où la situation
était critique. De nombreux soldats avaient été blessés et parmi eux le Lt-col Rudder.
Une balle de sniper avait troué son casque sur la plage puis il avait été de nouveau
blessé au sommet des falaises.
Les Rangers établirent deux positions principales: la première avec la compagnie
F et le PC près des falaises tandis que la seconde avec les compagnies D et E
et une partie de la F se trouvait au sud de la route cotière. Dans l'après midi,
3 parachutistes du 506e régiment, 101e division aéroportée -les Screaming Eagles-,
qui avaient été parachutés près de Carentan rejoignirent les positions des Rangers.
Le USS Satterlee à cours de munitions retourna en Angleterre et fut remplacé par le
USS Harding qui avait appuyé la première vague à Omaha beach.
Les positions des Rangers étaient sous la menace continuelle des snipers allemands
se trouvant sur les flancs. Les allemands lancèrent deux contre-attaques majeures
dans l'après midi : la première par la compahnie 9/Infanterie-Regiment 726
et la seconde par des éléments de la compagnie 2/Infanterie-Regiment 914, aidés
des restes du 1/Artillerie-Regiment 126O. La positions fut prise sous les tirs
de 105mm du 1/Artillerie-Regiment 352, situé près Omaha Beach.
Dans la nuit, une section de la compagnie A du 5e bataillon de Ranger commandée
par le lt Parker qui après avoir perdu contact avec le reste de son unité, progressa
profondement au travers des lignes allemandes pour atteindre finalement la position
des rangers du 2nd bataillon. Ils prirent positions sur le flanc gauche de la route
cotière.
Durant la nuit, les allemands lancèrent plusieurs attaques. Les
première furent arrétées par la mince et désespérée ligne de défense
des rangers. Enfin vers 3h00, la position de la compagnie D qui défendait
le coin droit (ouest) fut submergée, obligeant les rangers à se replier
pour éviter l'encerclement. Certains rangers comme le sergent Petty restèrent
courageusement en arrière pour permettre à leurs compagnons de se replier.
Environ 20 Rangers furent capturés et conduient derrière les lignes allemandes
mais 50 autres purent rejoindre le périmètre autour du PC.
Au matin du 7 juin, le lt-col Rudder devait faire face à une situation désespérée :
Aucune nouvelle d'Omaha beach, aucun renfort, 90 hommes capables de combattre, pas
de nourriture, pas de munitions. Le 2nd bataillon était tout simplement perdu.
Quelques rangers, encore isolés dans les avant-postes réussirent à regagner le
périmètre américain malgré les snipers. Les allemands controlaient les abords de
la Pointe mais ne lancèrent aucune attaque.
Dans l'après-midi, une force de secours composée des compagnies C et D du 5e
bataillon, des survivants des compagnies du 2nd, du 1er bataillon du 116e Régiment
d'infanterie et de tanks du 743e bataillon de chars parvint aux abords
de St. Pierre du Mont controlé par les allemands. Bien que les allemands se
replièrent, les unités de secours ne purent rejoindre les rangers isolés.
A 10h00, le 8 juin 1944, avec les renforts des autres compagnies du 5e bataillon,
des 2nd et 3e bataillons du 116e et de deux compagnies du 743e bataillons de chars,
les américains attaquèrent St Pierre du Mont et la campagne environnante. Environ
80 Rangers des compagnies E et F resistaient autour du PC ainsi que des membres
éparpillés de la compagnie D.
A la nuit tombée, le 8 juin 1944, le Lt-Col Rudder et ce qui restait
de son bataillon, une compagnie à peine en effectif, se reposait sur
des positions entre la Pointe-du-Hoc et les Grandcamp-les-Bains.
Les comptes étaient 77 rangers tués, 152 blessés et 70 disparus
parmis lesquels se trouvaient ceux du LCA 860.
En Janvier 1979, la France reconnaissante a légué la Pointe-du-Hoc aux
Etats Unis d'Amérique. Aujourd'hui la bannière étoilée flotte au dessus
de la Pointe-du-Hoc, USA. Cela restera un monument au courage et au
sacrifice des Rangers et à l'amitié Franco-Americaine.
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